Comment dénicher un bon éleveur

Si vous décidez d’acheter un chiot, il est important d’apprendre à reconnaître les bons éleveurs, responsables et attentionnés, et de savoir les dénicher.

Si vous ne prenez pas le temps de bien choisir votre éleveur, vous pourriez vous retrouver avec un chien affecté par de sérieux problèmes de santé ou de comportement. Pour vous, cela signifiera soucis, frustrations et dépenses inutiles. Vous pourriez même contribuer sans le savoir à enrichir l’industrie cruelle des usines à chiots.

> Téléchargez en format imprimable la liste des Questions essentielles à poser à un éleveur pour vous aider à évaluer sa compétence.

Pour des conseils encore plus spécifiques sur les différentes façons de se procurer un animal de compagnie, voyez ce petit guide.

Les petites annonces sur Internet ne sont PAS un bon endroit pour rechercher un chiot de race pure. En effet, à moins de se rendre sur place, il est pratiquement impossible de distinguer les bons éleveurs des usines à chiots. Les éleveurs du dimanche et les usines à chiots utilisent énormément les petites annonces en ligne. Quant aux bons éleveurs, plusieurs ont leur propre site Internet et ils comptent sur le bouche à oreille et les références de leur club canin régional ou national.

Pour dénicher un bon éleveur, adressez-vous à un club canin local, régional ou national. Habituellement, leurs membres sont tenus de respecter un code d’éthique précis. On peut aussi trouver des chiens de sauvetage dans ces clubs.

Il y a une énorme différence entre les conditions de vie d’un petit chien élevé par un éleveur réputé, attentionné et responsable, et celles d’un petit chien élevé dans une usine à chiots. À ce sujet, voyez l’histoire de Jasper et Logan.

Brandy nursing pupsL’élevage des chiens est – ou devrait être – une grande responsabilité. Pour devenir un bon éleveur et respecter des normes élevées, il faut un savoir-faire, du temps, de l’espace, de l’argent, de l’amour. Malheureusement trop de personnes élèvent des chiens sans avoir ces qualités – uniquement pour faire de l’argent.

Les vrais bons éleveurs passent beaucoup de temps à prendre soin de leurs chiens, à examiner et choisir les meilleurs chiens reproducteurs, à sélectionner les acheteurs appropriés. Ils sont aussi très actifs au sein de leur club, ils participent à des salons canins et à des compétitions. Bref, les chiens occupent une place très importante dans leur vie.

Ces éleveurs font tout cela par amour des chiens – pas pour s’enrichir. Habituellement, ils ne font pas, ou très peu, de profit sur la vente de leurs chiots. Le montant qu’on leur verse sert essentiellement à payer les dépenses encourues : examen de dépistage des troubles génétiques, frais de saillie, vétérinaire, enregistrement, etc.

Ultimement, la seule façon d’être vraiment certain que l’éleveur traite ses chiens de façon responsable et humanitaire, c’est de se rendre sur place pour voir les chiens et les chiots dans leur environnement. Rendez visite à l’éleveur avant de verser quelque dépôt que ce soit. Vous devrez aussi poser des questions très précises et demander à voir certains documents. Voici comment reconnaître un bon éleveur.

Pups sleepingUn bon éleveur :

  • Il élève les chiots d’une seule portée ou deux à la fois. Il n’a pas plus d’animaux que ceux dont il peut raisonnablement prendre soin et à qui il peut offrir une bonne qualité de vie.
  • Il exige que vous veniez le rencontrer pour que vous puissiez voir ses chiots (et leur mère) et leur milieu de vie.
  • Ses installations sont propres et spacieuses. Les chiens sont en santé et bien socialisés.
  • Les chiots sont gardés dans un endroit propre et chaud. Ils sont bien nourris et demeurent avec leur mère jusqu’à ce qu’ils soient sevrés.
  • Il ne laisse pas partir les chiots dans leur nouveau foyer avant l’âge de 8 semaines.
  • Il élève les chiots dans la maison, pour qu’ils s’habituent aux sons usuels d’une maisonnée : téléphone, lave-vaisselle, aspirateur, portes qui s’ouvrent et se ferment, etc.
  • Il est membre d’un club et d’une association nationale (le Club Canin Canadien) et il respecte le code d’éthique de ces organismes.
  • Il connaît très bien les caractéristiques de la race de chiens qu’il élève. Il vous pose plusieurs questions pour s’assurer que votre mode de vie, votre connaissance préalable des chiens et votre attitude seront compatibles avec un de ses chiots.
  • Il discute librement de ses projets d’élevage et de ses façons de procéder.
  • Il a de bonnes connaissances pratiques en génétique, ce qui lui permettra de vous expliquer les principaux troubles génétiques prévalents pour la race qu’il élève, et les moyens qu’il prend pour les éviter. (Toutes les races sont touchées par certains troubles.) Pour en apprendre davantage à ce sujet : Canine Inherited Disorders Database.
  • Il examine attentivement ses animaux et il n’utilise pas pour la reproduction ceux qui sont touchés par des troubles génétiques. En pareil cas, il les fait stériliser; ces chiens pourront quand même être offerts comme animal de compagnie en expliquant clairement la situation au nouveau propriétaire.
  • Il assume la responsabilité, à vie, de ses chiens reproducteurs et des chiots qu’ils engendrent. Si on lui ramène un animal originaire de son élevage, il le reprendra toujours, peu importe son âge ou la raison du retour.
  • Il n’accouple pas d’animaux de moins de 18 mois ni des animaux d’âge mûr (cet âge varie selon la race).
  • Il cesse d’accoupler les femelles une fois qu’elles ont eu trois ou quatre grosses portées (il peut aller jusqu’à cinq ou six dans le cas des petites portées).
  • Au fil des ans, il continue à guider et à conseiller au besoin les acheteurs de ses chiots.
  • Il fournit un contrat qui définit les obligations de l’éleveur et les responsabilités de l’acheteur (cours d’obéissance, stérilisation, soins, etc.)
  • Il fournit une garantie qui couvre la santé générale, le tempérament et les troubles génétiques. La garantie offre une compensation financière (et non pas seulement le remplacement du chien).
  • Il fournit à l’acheteur les documents requis : facture de vente, certificat d’enregistrement du Club Canin Canadien, certificats de vaccination, copies des certificats de conformité génétique des deux géniteurs (le père et la mère) de la portée.

dreamstimeLes éleveurs à éviter

Ils m’ont dit que le chiot était enregistré auprès du Club canin...

Les éleveurs de chiens de race pure doivent enregistrer leurs chiens auprès du Club Canin Canadien (CCC). Mais cet enregistrement ne garantit pas que les chiens sont bien traités ou qu’ils ont fait l’objet d’examens médicaux; il signifie simplement que le chiot est le descendant de deux chiens eux-mêmes enregistrés en tant que chiens d’un race pure donnée.

Cet enregistrement se fait par la poste; le CCC ne fait pas de suivi ni d’inspection des centres d’élevage de ses membres ou des éleveurs qui enregistrent des chiens.

Voici différents comportements que l’on retrouve souvent chez les éleveurs irresponsables, les gestionnaires d’usines à chiots et les courtiers peu scrupuleux. Méfiez-vous.

  • Ils ne vous invitent pas à venir voir leurs chiens en personne et à visiter les lieux.
  • Ils ne vous posent pas de questions sur votre expérience ou votre connaissance des chiens, votre mode de vie, etc.
  • Ils offrent de vous expédier le chiot ou de vous le livrer en personne dans un endroit public. En pareil cas, il se peut qu’initialement, vous vous soyez entendu avec l’éleveur pour que ce soit vous qui passiez chercher votre chiot, puis il vous proposera à la dernière minute de vous éviter un déplacement en faisant la livraison lui-même.
  • Ils proposent des chiens de plusieurs races différentes.
  • Ils vous demandent d’envoyer de l’argent dans un autre pays.
  • Vous vous rendez sur place, mais on vous montre uniquement le chiot. Il faut que vous puissiez aussi voir la mère, les autres petits et leur lieu de vie habituel. Méfiez-vous s’il y a des granges ou des cabanons ailleurs sur la propriété : ils sont peut-être remplis de chiens.
  • Ils ne connaissent rien aux troubles génétiques et ils n’ont pas fait examiner leurs chiens par des vétérinaires spécialisés (pour des radiographies des hanches, examens ophtalmologiques, cardiologiques, etc.)
  • Ils ne donnent aucune garantie, ou seulement une garantie qui implique que vous rameniez le chiot).

Les éleveurs commerciaux

Les éleveurs commerciaux font de l’élevage à grande échelle. Ils ont des douzaines, voire des centaines de chiens de races diverses. Ils offrent leurs chiens en vente directe au public ou par des petites annonces dans les journaux ou en ligne. Ils peuvent aussi les vendre à des animaleries.

Certains de ces éleveurs sont, en réalité, des usines à chiots qui se donnent un nom ronflant pour tenter de dorer leur image. D’autres peuvent offrir de bonnes conditions de propreté et compter sur un personnel suffisant, mais leur volume de production est tellement élevé qu’il leur est impossible de prodiguer un niveau de soins et d’attention comparable à ce qu’offre un éleveur réputé, dont les chiens sont à la maison.

Les éleveurs du dimanche

Backyard breeder

Ce terme s’applique aux individus qui élèvent volontairement un ou quelques chiens, mais qui ont très peu de connaissances en ce domaine. Il décrit aussi les personnes qui se retrouvent avec une portée accidentelle parce qu’ils avaient négligé de faire stériliser leur femelle. Ces éleveurs improvisés semblent peut-être inoffensifs, mais ils sont tellement nombreux qu’ils contribuent de façon importante au problème de surpopulation des animaux de compagnie.

En fait, vous avez probablement déjà connu des éleveurs du dimanche, mais vous n’aviez sans doute jamais pensé à les qualifier de la sorte…

Pensez à Claude, du service comptable, qui a envoyé un courriel aux collègues du bureau pour offrir les irrésistibles petits chiots épagneuls que sa belle Coquinette vient juste de mettre au monde.

Ou ce jeune couple de banlieue qui annonce sur Kijiji que leur caniche vient d’avoir une belle portée – la deuxième en moins d’un an, précisent-ils.

Ou encore votre amie Lucie. Elle voulait faire opérer Bella, sa labrador de 11 mois, mais elle ne trouvait jamais le temps. Un des enfants l’a laissée sortir par inadvertance et elle s’est précipitée chez le voisin, Max, qu’on n’avait pas eu le temps de faire opérer non plus… Maintenant Lucie essaie de trouver un foyer pour cinq petits chiots…

 

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